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Hygrométrie en serre : taux d'humidité, DPV et contrôle du climat

Par le bureau d'études Praxis Énergie Serres · Mis à jour le

L'hygrométrie d'une serre conditionne la transpiration des plantes, leur nutrition et leur état sanitaire. Trop d'humidité favorise les maladies, trop peu provoque un stress hydrique. Gérer l'hygrométrie serre par serre, c'est maintenir l'air dans une plage où la culture transpire régulièrement, sans condensation.

L'équipement de déshumidification des serres était financé à 100 % par les CEE jusqu'à l'abrogation des fiches AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119 (arrêté du 29 mai 2026, effet au 3 juin 2026).

Aujourd'hui, c'est la pompe à chaleur serre qui peut être financée jusqu'à 100 % par les CEE, selon la surface et le coût d'installation. La fiche AGRI-TH-108 révisée multiplie les primes par trois pour les serres chauffées.

Les références sur la conduite climatique des cultures sous abri sont publiées notamment par le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes et par Astredhor pour l'horticulture.

Humidité relative, humidité absolue et DPV

L'humidité relative, exprimée en pourcentage, compare la vapeur contenue dans l'air au maximum qu'il pourrait contenir à sa température. Elle dépend donc fortement de la température. Un même air passe de 70 % à 95 % d'humidité relative s'il se refroidit de quelques degrés.

L'humidité absolue mesure la masse de vapeur par kilo ou par m³ d'air. Elle ne varie pas avec la température. C'est elle qui compte pour savoir si l'air extérieur, introduit par aération, peut réellement assécher la serre.

Le déficit de pression de vapeur, ou DPV, mesure l'écart entre la vapeur que l'air pourrait contenir et celle qu'il contient. Il traduit directement la force qui pousse la plante à transpirer. C'est l'indicateur le plus utilisé par les conseillers et les automates climatiques modernes.

Calculer le déficit de pression de vapeur

Le DPV se calcule à partir de la température et de l'humidité relative : DPV = Psat(T) × (1 − HR/100). Par exemple, un air à 20 °C et 85 % d'humidité relative présente un DPV d'environ 0,35 kPa. À 18 °C et 95 %, le DPV tombe à 0,10 kPa : la plante ne transpire presque plus. Le tableau complet, la différence entre DPV de l'air et DPV de la feuille et le pilotage sont détaillés sur la page déficit de pression de vapeur en serre.

Les valeurs cibles en serre

La plupart des cultures sous serre se portent bien dans une plage de DPV de 0,3 à 1 kPa. En dessous, la transpiration ralentit et le risque sanitaire augmente. Au-dessus, les plantes ferment leurs stomates pour limiter leurs pertes d'eau.

DPV État de l'air Conséquence pour la culture
Moins de 0,3 kPa Air proche de la saturation Transpiration faible, risque de maladies fongiques et de condensation
0,3 à 1 kPa Zone de confort de la plupart des cultures Transpiration régulière, absorption des nutriments correcte
Plus de 1,2 kPa Air sec Stress hydrique, fermeture des stomates, brûlures possibles

Taux d'humidité selon les cultures

Exprimé en humidité relative, le taux visé se situe généralement entre 60 et 85 %, selon la température et le stade de la culture. La tomate et le poivron supportent une ambiance moyennement humide. Le concombre et de nombreuses plantes vertes apprécient une humidité plus élevée.

Les jeunes plants et les boutures demandent une ambiance plus humide pour limiter leur dessèchement. À l'inverse, une culture en fin de cycle ou en période de maturation des fruits gagne à une ambiance plus sèche. La consigne d'humidité évolue donc au fil de la saison.

Humidité et maladies : le cas du botrytis

La pourriture grise, causée par Botrytis cinerea, est la maladie emblématique des serres trop humides. Elle profite d'une humidité proche de 95 % et surtout de l'eau libre qui se dépose sur les tissus, notamment en fin de nuit, quand les fruits sont plus froids que l'air.

La prévention se raisonne donc en marge au point de rosée plutôt qu'en humidité relative seule. Les seuils par maladie, la table des marges et la stratégie préventive du soir au matin sont détaillés sur la page humidité et maladies en serre. Les mécanismes physiques figurent sur la page condensation en serre.

Mesurer l'hygrométrie correctement

Une mauvaise mesure conduit à de mauvaises décisions. Les sondes d'humidité doivent être placées dans un abri ventilé, à l'abri du rayonnement direct. Elles se positionnent au niveau de la végétation, là où se joue le risque sanitaire.

Une grande serre présente des écarts importants entre ses zones, notamment près des parois froides. Plusieurs points de mesure permettent de repérer ces hétérogénéités. Les capteurs dérivent avec le temps et doivent être vérifiés et étalonnés régulièrement, comme l'explique notre page instrumentation de serre.

Contrôler l'humidité au quotidien

Le contrôle de l'hygrométrie combine plusieurs leviers, pilotés par l'automate climatique. Leur usage diffère entre le jour et la nuit.

Le jour : aération et transpiration

En journée, le rayonnement solaire réchauffe la serre et la culture transpire fortement. L'aération évacue l'excès de vapeur et de chaleur. Le risque est plutôt un air trop sec par fort ensoleillement, que l'on corrige par brumisation ou en limitant l'ouverture.

La nuit : écran, chauffage et déshumidification

La nuit, la serre est fermée et l'humidité s'accumule. Les leviers sont l'ouverture partielle de l'écran, un chauffage minimal qui entretient le mouvement d'air, et une aération pilotée. Les méthodes plus élaborées sont comparées sur notre page comment déshumidifier une serre.

Chaque levier a un coût énergétique, car évacuer l'humidité revient souvent à évacuer de la chaleur. Un pilotage par le DPV, plutôt que par une consigne fixe d'humidité relative, évite de chauffer et d'aérer inutilement.

Hygrométrie et consommation d'énergie

Dans une serre chauffée, la gestion de l'humidité représente une part importante de la consommation de chauffage. Chaque ouverture pour évacuer de la vapeur fait entrer de l'air froid qu'il faut réchauffer. Une consigne d'humidité trop stricte peut ainsi faire grimper la facture sans bénéfice agronomique.

Trois réglages limitent ce coût. Le premier consiste à piloter sur le DPV plutôt que sur l'humidité relative, pour tolérer une humidité plus élevée quand la température le permet. Le deuxième est l'usage du gap d'écran, qui évacue l'humidité sans ouvrir la serre. Le troisième est un réchauffage progressif avant le lever du jour, qui évite la condensation sur les fruits.

L'isolation joue aussi un rôle. Une couverture plus isolante reste plus chaude côté intérieur, et l'eau s'y condense moins. Notre page écran thermique détaille cet effet.

Hygrométrie, chauffage et financement

Le déshumidificateur thermodynamique et la VMC double flux étaient financés à 100 % par les CEE jusqu'en juin 2026. Depuis l'abrogation des fiches AGRI-TH-117 et AGRI-TH-119, ce n'est plus le cas. Pour une serre chauffée, le financement se porte maintenant sur le chauffage.

La pompe à chaleur serre peut être financée jusqu'à 100 % par les CEE, selon la surface et le coût d'installation. Elle impose une gestion climatique fixe et une serre isolée en couverture, deux atouts pour maîtriser l'humidité. Les détails figurent sur la page fiche AGRI-TH-108 révisée et dans le simulateur de prime CEE PAC serre.

Questions fréquentes sur l'hygrométrie en serre

Quel taux d'humidité dans une serre ?

La plupart des cultures sous serre se conduisent entre 60 et 85 % d'humidité relative, selon la température et le stade. Le déficit de pression de vapeur, compris en général entre 0,3 et 1 kPa, est un indicateur plus fiable que l'humidité relative seule.

Qu'est-ce que le DPV en serre ?

Le déficit de pression de vapeur est l'écart entre la quantité de vapeur que l'air pourrait contenir à sa température et celle qu'il contient réellement. Il traduit la force qui pousse les plantes à transpirer.

À partir de quelle humidité le botrytis se développe-t-il ?

Le botrytis profite d'une humidité relative élevée et prolongée, au-delà de 90 % environ, et surtout de la présence d'eau libre sur les feuilles et les fruits. Les nuits fraîches et humides, quand l'eau se condense, sont les plus risquées.

Comment mesurer l'hygrométrie d'une serre ?

Avec des sondes de température et d'humidité placées dans un abri ventilé, au niveau de la végétation. Plusieurs points de mesure sont nécessaires dans une grande serre. Les capteurs doivent être vérifiés et étalonnés régulièrement.

Comment faire baisser l'humidité d'une serre la nuit ?

En entrouvrant légèrement l'écran thermique, en maintenant un chauffage minimal pour faire circuler l'air et en aérant de façon pilotée. Un échangeur double flux ou un déshumidificateur évitent de perdre la chaleur évacuée.

Améliorer le climat de votre serre

Mesure, régulation, isolation et chauffage se règlent ensemble. Une analyse de votre serre identifie les causes d'humidité excessive et les solutions adaptées à votre culture.

Demander une analyse climatique, ou consulter le hub aéraulique de serre.

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