Pompe à chaleur pour serre horticole : plantes en pot, fleurs et pépinière
Plantes en pot, fleurs coupées, pépinière ornementale : la pompe à chaleur en serre horticole (PAC serre horticole) bénéficie elle aussi de la révision de la fiche AGRI-TH-108. Les forfaits horticoles sont environ deux fois plus faibles que les forfaits maraîchers, mais ils triplent par rapport à la version actuelle. Une PAC de serre horticole peut être financée jusqu'à 100 % par les CEE, selon la surface et le coût d'installation.
Les valeurs de cette page reprennent le projet de révision, encore en consultation à l'automne 2026. Tant que l'arrêté n'est pas publié, les opérations engagées relèvent de la version A35.2. Les horticulteurs peuvent consulter le texte du projet d'arrêté et l'actuelle fiche AGRI-TH-108 version A35.2 pour mesurer l'écart.
Serre horticole : ce que retient la fiche révisée
Le projet de fiche distingue deux catégories de serres chauffées, maraîchère et horticole. Les conditions techniques sont identiques ; seuls les forfaits et le plafond de surface changent. Le type de structure, verre ou plastique, n'entre pas en ligne de compte.
Productions ornementales concernées
La catégorie horticole regroupe les productions non alimentaires sous serre chauffée. On y trouve les plantes en pot et à massif, les fleurs coupées, les plantes vertes et la pépinière ornementale. Les jeunes plants horticoles produits pour la revente y figurent aussi.
Les exploitations mixtes, qui cultivent à la fois des légumes et des plantes ornementales, doivent identifier les blocs de serre concernés. Les légumes et les fruits relèvent du forfait de la serre maraîchère, plus favorable. La répartition se documente dans l'étude préalable.
Le seuil de 8 °C et l'isolation
Pour les cultures autres que la tomate et le concombre, la serre chauffée se définit par une consigne d'au moins 8 °C. Ce seuil s'apprécie entre novembre et avril, sur un réseau de chauffage à eau. Une serre seulement maintenue hors gel, autour de 2 à 5 °C, ne remplit pas la condition.
L'isolation de la couverture est exigée comme pour toutes les serres. En horticulture, l'écran thermique est l'équipement le plus répandu. Le double vitrage, le polycarbonate alvéolaire et la double paroi gonflable sont également acceptés.
Forfaits horticoles et plafond de surface
Comme en maraîchage, le forfait dépend de la puissance unitaire de la PAC et de sa performance. La grille horticole présente une particularité au-delà de 400 kW.
| Classe de PAC | Forfait serre horticole |
|---|---|
| PAC ≤ 400 kW, Etas de 111 à 140 % | 1 200 kWh cumac/m² |
| PAC ≤ 400 kW, Etas ≥ 140 % | 1 400 kWh cumac/m² |
| PAC > 400 kW, COP de 3,4 à 4 | 1 300 kWh cumac/m² |
| PAC > 400 kW, COP ≥ 4 | 1 300 kWh cumac/m² |
Au-delà de 400 kW, le forfait horticole est identique pour un COP de 3,4 à 4 et pour un COP supérieur. Une machine plus performante n'augmente donc pas la prime. Elle se justifie seulement par la baisse de la facture d'électricité, à comparer à son surcoût.
Prime CEE selon la surface horticole
À 8 € par MWh cumac, le forfait horticole représente 9,6 à 11,2 € par m² de serre chauffée. Le tableau suppose que la puissance installée suffit à valoriser toute la surface.
| Surface chauffée | Puissance minimale pour Smin = S | Prime (forfait bas) | Prime (forfait haut) |
|---|---|---|---|
| 3 000 m² | 167 kW | 28 800 € | 33 600 € |
| 5 000 m² | 278 kW | 48 000 € | 56 000 € |
| 10 000 m² | 556 kW | 96 000 € | 112 000 € |
| 20 000 m² | 1 112 kW | 192 000 € | 224 000 € |
| 40 000 m² | 2 223 kW | 384 000 € | 448 000 € |
Le simulateur reprend ces règles pour votre cas. Choisissez « Horticole », puis renseignez la surface et la puissance envisagée.
Simulateur de prime CEE — pompe à chaleur serre
Fiche AGRI-TH-108 révisée (projet d'arrêté 2026) · résultat immédiat
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- Volume CEE
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- Prime par m²
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Estimation indicative fondée sur le projet d'arrêté (non publié au JO). Le montant versé dépend du contrat avec l'obligé ou le délégataire et du dossier (étude préalable, contrôle sur site).
Un plafond de 18 m² par kW
La surface retenue dans le calcul est le minimum entre la surface chauffée et 18 fois la puissance en kW. Une PAC de 300 kW permet donc de valoriser au plus 5 400 m² de serre horticole. Dans la version A35.2, le ratio était de 31 m² par kW, soit 9 300 m² pour la même machine.
Ce resserrement oblige à dimensionner la PAC sur la surface réelle. Il pénalise les projets qui comptaient sur une petite machine pour une grande serre peu chauffée. La méthode de calcul est détaillée dans notre guide de dimensionnement d'une PAC de serre.
Besoins thermiques des productions horticoles
L'horticulture couvre des besoins très différents, d'une pépinière tempérée à une serre de plantes tropicales. Le tableau donne des ordres de grandeur pour une serre isolée en couverture et une température de base de −5 à −7 °C.
| Production | Consigne de nuit usuelle | Besoin de pointe | Surface couverte par 300 kW |
|---|---|---|---|
| Plantes en pot de saison froide (cyclamen, primevère) | 8 à 12 °C | 55 à 95 W/m² | 3 200 à 5 500 m² |
| Plantes en pot exigeantes (poinsettia, plantes vertes) | 15 à 20 °C | 100 à 160 W/m² | 1 900 à 3 000 m² |
| Fleurs coupées (rose, gerbera, chrysanthème) | 12 à 18 °C | 80 à 150 W/m² | 2 000 à 3 700 m² |
| Pépinière ornementale hors gel renforcé | 8 à 10 °C | 55 à 80 W/m² | 3 700 à 5 500 m² |
Plantes en pot et fleurs coupées
Les plantes en pot exigeantes, comme le poinsettia ou les plantes vertes, demandent des consignes proches de celles de la tomate. Leur besoin de pointe est élevé, alors que le forfait horticole est deux fois plus faible. Le rapport entre prime et puissance installée est donc moins favorable qu'en maraîchage.
Les fleurs coupées se situent entre les deux, selon l'espèce et la période de production. Les rosiers et les gerberas chauffés en hiver consomment beaucoup. Les chrysanthèmes et les cultures de printemps chauffent surtout en début de saison.
Pépinière et cultures tempérées
La pépinière ornementale et les plantes de saison froide travaillent avec des consignes basses. L'eau de chauffage peut rester tiède, ce qui donne à une PAC air/eau un très bon rendement. Une machine de 300 kW couvre alors une grande surface.
La limite vient du plafond de 18 m² par kW. Pour une pépinière de plusieurs hectares peu chauffée, la puissance nécessaire au chauffage peut rester en dessous de la puissance qui valoriserait toute la surface. Il faut alors arbitrer entre prime et surdimensionnement, dans l'étude préalable de dimensionnement.
Rentabilité : ce qui change en horticulture
Le forfait horticole est plus faible, mais il triple par rapport à la fiche actuelle. Dans la version A35.2, une serre horticole recevait 370 à 490 kWh cumac par m². Le projet porte ce forfait à 1 200 à 1 400 kWh cumac.
La rentabilité dépend surtout du nombre d'heures de chauffage. Une serre de plantes en pot chauffée tout l'hiver amortit plus vite sa PAC qu'une pépinière chauffée quelques semaines. Le prix de l'électricité, le contrat de fourniture et l'autoconsommation photovoltaïque pèsent aussi dans le bilan.
La prime CEE est versée une fois, à l'achèvement de l'opération. Elle se compare au coût complet du projet : machines, hydraulique, stockage, régulation et raccordement électrique. Seuls des devis permettent d'établir ce rapport pour une exploitation donnée.
Serre neuve ou chaufferie existante
Le projet de fiche couvre deux situations. La première est le remplacement total des chaudières qui chauffent des serres existantes. La seconde est la création d'un site chauffé, ou l'extension d'un site, qui crée un besoin de chauffage supplémentaire.
Pour une serre horticole neuve, la PAC se conçoit avec le réseau. Le choix d'émetteurs basse température, comme le chauffage par le sol, les tablettes chauffantes ou des tubes surdimensionnés, se fait d'emblée. Le COP saisonnier y gagne nettement.
Pour une chaufferie existante, l'enjeu est la température de départ du réseau. Les installations horticoles anciennes travaillent souvent en eau chaude à haute température. Il faut alors étudier une PAC adaptée, présentée dans notre guide PAC haute température, ou une adaptation du réseau.
Points d'attention pour un projet horticole
Plusieurs spécificités horticoles méritent d'être anticipées dès l'étude. Elles conditionnent à la fois l'éligibilité et la qualité du chauffage.
- Blocs à consignes différentes. Une même exploitation chauffe souvent des compartiments à des températures variées. L'étude doit calculer les déperditions de chaque bloc à sa propre consigne.
- Chauffage par le sol ou par tablettes. Ces émetteurs basse température conviennent très bien à une PAC. Ils améliorent le COP par rapport à des tubes alimentés en eau chaude.
- Électrification totale. La chaudière existante ne peut rester qu'en secours consigné, dans la limite de 500 heures par an et de 12 % de l'énergie.
- Pilotage. La fiche impose un système fixe de gestion climatique, capable de réguler le réseau et la température intérieure.
Questions fréquentes sur la PAC en serre horticole
Quel forfait CEE pour une PAC en serre horticole ?
Le projet de fiche AGRI-TH-108 révisée prévoit 1 200 à 1 400 kWh cumac par m² de serre horticole chauffée, selon la puissance et la performance de la PAC. La surface retenue est plafonnée à 18 m² par kW installé.
Une serre de fleurs coupées est-elle une serre horticole au sens de la fiche ?
Oui. Les productions ornementales, comme les fleurs coupées, les plantes en pot et la pépinière, relèvent du forfait horticole. Les légumes et les fruits produits sous serre relèvent du forfait maraîcher.
À quelle température une serre horticole doit-elle être chauffée ?
La consigne de chauffage doit atteindre au moins 8 °C pendant la période de culture, entre novembre et avril. La serre doit aussi disposer d'un réseau hydraulique de chauffage et d'une isolation au moins en couverture.
Combien rapporte une PAC sur 2 hectares de serre horticole ?
À 8 € par MWh cumac, 2 hectares de serre horticole génèrent environ 192 000 à 224 000 € de prime, si la puissance installée atteint au moins 1 111 kW. Le montant réel dépend du contrat avec l'obligé.
Pourquoi le plafond de surface est-il plus strict pour l'horticulture ?
Le projet fixe le plafond à 18 m² par kW, contre 31 dans la version A35.2. Pour une même puissance, la surface valorisable baisse donc. Une serre horticole doit être équipée d'une PAC dimensionnée pour sa surface réelle, sans sous-dimensionnement.
Étudier votre serre horticole
Une serre horticole se prête bien à la pompe à chaleur lorsque ses émetteurs travaillent à basse température. La prime et la puissance se calculent ensemble, bloc par bloc, avant de consulter les installateurs.
Faire étudier votre serre horticole, ou consulter le guide complet de la pompe à chaleur serre.
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