Coût et rentabilité d'une pompe à chaleur de serre : la méthode
Quel est le coût PAC serre d'un projet, et quelle part la prime en couvre-t-elle ? La réponse dépend de la surface, de la puissance installée et des devis. Cette page donne la méthode de calcul du coût et de la rentabilité d'une PAC de serre, avec des montants de prime tirés de la fiche CEE. Une PAC de serre peut être financée jusqu'à 100 % par les CEE, selon la surface et le coût d'installation.
Les montants de cette page sont calculés avec les forfaits du projet de révision, non encore publié au Journal officiel. La valorisation retenue est de 8 € par MWh cumac. Les sources sont le projet d'arrêté AGRI-TH-108 et la page du dispositif des certificats d'économies d'énergie.
Ce que finance la prime CEE
La prime se calcule à partir de la surface de serre chauffée, plafonnée par la puissance installée. Elle ne dépend pas du prix des équipements. Deux indicateurs permettent de la rapprocher d'un devis : la prime par m² et la prime par kW.
Prime par m² de serre
La prime par m² est le forfait de la fiche multiplié par la valorisation. Elle s'applique à toute la surface chauffée tant que la puissance installée suffit à la valoriser.
| Classe de PAC | Serre maraîchère | Serre horticole |
|---|---|---|
| PAC ≤ 400 kW, Etas de 111 à 140 % | 20,80 €/m² | 9,60 €/m² |
| PAC ≤ 400 kW, Etas ≥ 140 % | 23,20 €/m² | 11,20 €/m² |
| PAC > 400 kW, COP de 3,4 à 4 | 21,60 €/m² | 10,40 €/m² |
| PAC > 400 kW, COP ≥ 4 | 22,40 €/m² | 10,40 €/m² |
Prime par kW installé
La prime se calcule sur la surface, mais le devis se raisonne en puissance. Pour passer de l'un à l'autre, on divise la prime par m² par la puissance installée par m². Plus la culture demande de puissance, plus la prime par kW baisse.
| Puissance installée | Serre maraîchère | Serre horticole |
|---|---|---|
| 60 W/m² | 347 à 387 €/kW | 160 à 187 €/kW |
| 80 W/m² | 260 à 290 €/kW | 120 à 140 €/kW |
| 110 W/m² | 189 à 211 €/kW | 87 à 102 €/kW |
| 140 W/m² | 149 à 166 €/kW | 69 à 80 €/kW |
| 170 W/m² | 122 à 136 €/kW | 56 à 66 €/kW |
Le plafond de surface ne joue que si la puissance installée descend sous 50 W/m² en maraîchage, ou 56 W/m² en horticulture. La prime par kW plafonne alors à 464 € en maraîchage. En électrification totale, une serre chauffée demande en pratique davantage de puissance, si bien que ce plafond est rarement atteint.
Exemple : une PAC de 300 kW sur 2 500 m² de serre maraîchère, soit 120 W/m², rapporte environ 52 000 €. Cela représente 173 € par kW installé.
Quand la prime peut couvrir tout le projet
La prime par kW se compare au coût complet du projet, ramené au kW installé. Pour une serre de tomates à 140 W/m², elle se situe entre 149 et 166 € par kW. Pour une culture moins gourmande, elle est plus élevée, comme le montre le tableau.
Lorsque le coût complet par kW reste sous ce niveau, la prime peut couvrir l'investissement en totalité. C'est le sens de la formule « jusqu'à 100 %, selon la surface et le coût d'installation ». Au-delà, l'exploitant finance la différence, par fonds propres, emprunt ou crédit-bail.
Simulateur de prime CEE — pompe à chaleur serre
Fiche AGRI-TH-108 révisée (projet d'arrêté 2026) · résultat immédiat
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- Volume CEE
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- Prime par m²
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Estimation indicative fondée sur le projet d'arrêté (non publié au JO). Le montant versé dépend du contrat avec l'obligé ou le délégataire et du dossier (étude préalable, contrôle sur site).
Ce qui fait varier le montant versé
Le volume de certificats est fixé par la fiche, mais leur prix ne l'est pas. Les certificats se négocient entre l'exploitant, l'installateur et l'obligé ou le délégataire qui les achète. La valorisation de 8 € par MWh cumac utilisée ici est une hypothèse de travail.
Trois éléments font varier le montant réellement perçu par l'exploitation. Le premier est le prix proposé par l'acheteur des certificats, qui suit le marché. Le second est la part conservée par les intermédiaires, installateur ou apporteur. Le troisième est le calendrier de versement, en général après l'achèvement et la validation du dossier.
L'offre de prime doit être formalisée avant la signature du devis. C'est une règle du dispositif : l'obligé doit avoir joué un rôle incitatif dans la décision de travaux. Comparer les offres sur leur montant net, leurs conditions et leurs délais évite les déceptions. Notre page consacrée aux offres CEE démarchées liste les points à vérifier.
Les postes du coût d'investissement
Le prix de la machine ne représente qu'une partie du budget. Un devis complet doit couvrir tous les postes suivants, que nous ne chiffrons pas ici car ils varient fortement d'un site à l'autre.
- Machines. PAC air/eau d'au moins 300 kW chacune, selon la gamme, le fluide et la température de départ.
- Hydraulique. Raccordement au réseau, pompes, vannes, éventuelle adaptation des tubes.
- Stockage. Ballon ou open buffer d'au moins une heure, isolé.
- Électricité. Renforcement du raccordement, poste HTA, tableau, câblage.
- Régulation. Gestion climatique fixe, sondes et enregistrement des mesures.
- Travaux annexes. Génie civil, dépose des chaudières, étude préalable, mise en service.
La réutilisation d'un réseau de chauffage et d'un stockage existants change beaucoup le total. À l'inverse, un raccordement électrique avec extension de réseau peut peser lourd. Le guide du raccordement électrique détaille ce poste.
Coût d'exploitation : gaz ou électricité
La rentabilité d'une PAC tient aussi à la facture annuelle. Une chaudière gaz transforme un MWh de gaz en un peu moins d'un MWh de chaleur. Une PAC produit plusieurs MWh de chaleur pour un MWh d'électricité, selon son coefficient de performance saisonnier.
Le seuil de rentabilité énergétique
Le coût d'un MWh de chaleur vaut le prix du gaz divisé par le rendement de la chaudière. Avec une PAC, il vaut le prix de l'électricité divisé par le SCOP. La PAC est donc moins chère à l'usage tant que le rapport des prix reste sous le rapport des rendements.
| Performance de la PAC | Seuil prix élec / prix gaz (chaudière 90 %) | Seuil (chaudière 95 %) |
|---|---|---|
| SCOP 2,5 | 2,78 | 2,63 |
| SCOP 3,0 | 3,33 | 3,16 |
| SCOP 3,5 | 3,89 | 3,68 |
Pour l'utiliser, il suffit de diviser le prix de votre MWh électrique par celui de votre MWh de gaz, toutes taxes et acheminement compris. Si le résultat est inférieur au seuil, la PAC réduit la facture de chauffage. L'écart annuel vaut le besoin de chaleur multiplié par la différence de coût du MWh de chaleur.
Les charges qui changent
D'autres postes d'exploitation évoluent avec l'électrification. L'abonnement électrique augmente avec la puissance souscrite, tandis que l'abonnement gaz disparaît ou se réduit au secours. La maintenance change de nature, avec l'entretien frigorifique et les contrôles d'étanchéité.
En serre de tomates, le CO2 des fumées de chaudière doit être remplacé par du CO2 liquide livré. Ce poste peut être significatif et doit figurer dans le calcul. Il est détaillé sur notre page pompe à chaleur en serre maraîchère.
Calculer le temps de retour
Le temps de retour brut se calcule simplement. On divise l'investissement net, c'est-à-dire le coût complet moins la prime, par l'économie annuelle d'exploitation. Si la prime couvre tout l'investissement, le retour est immédiat et l'économie annuelle devient un gain net.
Quatre paramètres font varier le résultat : le nombre d'heures de chauffage, le rapport des prix de l'énergie, le SCOP réel et la température de départ du réseau. Une serre de tomates chauffée tout l'hiver amortit plus vite qu'une serre peu chauffée. Le comparatif PAC ou chaudière gaz aborde ces arbitrages.
Le calcul doit aussi tenir compte de la durée de vie. La fiche retient 17 ans pour les certificats. Sur cette durée, une baisse de quelques points de SCOP ou une hausse du prix de l'électricité pèsent davantage que le prix d'achat initial.
Questions fréquentes sur le coût d'une PAC de serre
La prime CEE peut-elle couvrir tout le coût d'une PAC de serre ?
Une pompe à chaleur de serre peut être financée jusqu'à 100 % par les CEE, selon la surface et le coût d'installation. Pour une serre de tomates dimensionnée à 140 W/m², la prime représente environ 149 à 166 € par kW installé. Si le coût complet du projet par kW reste sous ce niveau, la prime peut couvrir l'investissement en totalité.
Comment calculer la prime par kW installé ?
On divise la prime par m² par la puissance installée par m². Une serre de tomates équipée à 140 W/m² obtient environ 149 à 166 € par kW. Plus la culture demande de puissance par m², plus la prime par kW est faible.
À partir de quel prix de l'électricité une PAC est-elle moins chère que le gaz ?
La PAC coûte moins cher à l'usage tant que le rapport entre le prix du MWh électrique et celui du MWh de gaz reste sous un seuil. Ce seuil est le SCOP de la PAC divisé par le rendement de la chaudière. Avec un SCOP de 3 et une chaudière à 90 %, ce seuil vaut environ 3,3.
Quels coûts faut-il prévoir en plus de la machine ?
Hydraulique, ballon de stockage, régulation, raccordement électrique et éventuel poste HTA, génie civil, dépose des chaudières, étude préalable et mise en service. En serre de tomates, l'achat de CO2 liquide remplace aussi le CO2 des fumées de chaudière.
Sur quelle durée amortir une PAC de serre ?
La fiche retient une durée de vie conventionnelle de 17 ans pour calculer les certificats. Le temps de retour réel dépend du coût net après prime, des prix de l'énergie et du nombre d'heures de chauffage de la serre.
Chiffrer la rentabilité de votre serre
Le calcul de la prime ne prend que quelques secondes, celui de la rentabilité demande vos données réelles : surface, consignes, consommations passées et contrats d'énergie. Avec elles, l'étude compare les scénarios et prépare la consultation des installateurs.
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