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Stratégies de régulation climatique en serre : intégration de température, DIF et DPV

Par le bureau d'études Praxis Énergie Serres · Mis à jour le

Les stratégies de régulation climatique décident quand chauffer, aérer ou fermer l'écran. Bien choisies, elles réduisent la facture sans toucher au matériel. L'intégration de température a fait économiser 9,8 % par an sur roses dans les essais d'Agroscope. Le DIF, lui, sert à contrôler la hauteur des plantes, pas à économiser l'énergie.

La prime PAC impose une gestion climatique fixe : automate et pompe à chaleur se dimensionnent ensemble.

La pompe à chaleur serre peut être financée jusqu'à 100 % par les CEE, selon la surface et le coût d'installation, dans le cadre de la fiche AGRI-TH-108 révisée.

Cette page compare les stratégies disponibles sur un ordinateur climatique moderne, avec leurs gains documentés et leurs risques. Elle complète la page régulation climatique de serre, qui présente l'architecture du système, et le guide de l'ordinateur climatique sur lequel ces stratégies se paramètrent.

Quelles stratégies de régulation climatique pour une serre chauffée ?

Cinq stratégies couvrent l'essentiel des réglages d'une serre chauffée. Trois réduisent directement la consommation : l'intégration de température, la consigne liée au rayonnement et le pilotage de l'humidité sur le DPV. Le DIF agit sur la forme des plantes. La baisse de consigne nocturne économise de l'énergie au prix d'une croissance plus lente.

Stratégie Principe Effet sur l'énergie Risque principal Pour quelles serres
Intégration de température Tenir une moyenne sur 24 h au lieu d'une consigne fixe 9,8 % par an sur roses (Agroscope) Nuits froides : oïdium, aleurodes, condensation Serres chauffées, cultures tolérantes
Consigne liée au rayonnement Monter la température les jours lumineux, la baisser les jours sombres Fait partie des stratégies de l'essai tomate Het Nieuwe Telen 2010 Plante déséquilibrée si la pente est mal réglée Cultures de fruits
DIF et chute matinale Jouer sur l'écart jour-nuit pour contrôler la hauteur Aucune : levier de croissance, pas d'énergie Conflit avec l'intégration de température Ornement, jeunes plants
Pilotage sur le DPV Tolérer plus d'humidité quand la température le permet Évite de chauffer et d'aérer pour rien Botrytis si la tolérance est excessive Serres avec écran et bonne mesure
Baisse de consigne nocturne Abaisser la température de nuit Proportionnelle à l'écart intérieur-extérieur Croissance ralentie, retard de production Périodes de prix élevé de l'énergie

Les gains ne s'additionnent pas simplement. Deux stratégies qui exploitent la même chaleur solaire se partagent le même gisement. Il faut donc les régler ensemble, puis mesurer le résultat sur une saison entière.

L'intégration de température

L'intégration de température vise une moyenne sur 24 heures au lieu d'une consigne fixe. Un jour ensoleillé, la consigne d'aération monte : la serre garde quelques degrés gratuits. La nuit suivante, la consigne de chauffage descend d'autant, ce qui réduit la consommation. La culture reçoit la même somme de températures.

Des essais d'Agroscope sur roses en substrat, de 2007 à 2009, ont mesuré une économie annuelle de 9,8 %. Le rendement, la longueur des tiges et la tenue en vase n'ont pas changé. La pression de l'oïdium et des aleurodes a en revanche été ponctuellement plus forte.

La stratégie ne vaut que pendant les périodes de chauffage : hiver, début de printemps, automne. En été, la serre est aérée en permanence et il n'y a plus de chauffage à économiser. C'est aussi la stratégie que finance la fiche CEE AGRI-EQ-101, sous forme de module installé sur l'ordinateur climatique.

Régler les bornes

Trois paramètres fixent le comportement : la température moyenne visée, l'écart toléré de part et d'autre, et la durée de calcul de la moyenne. Les travaux de Körner et Challa, à Wageningen, ont étudié des écarts de ± 2 °C autour de la moyenne. Plus l'écart est large, plus l'économie croît, mais plus les nuits froides exposent la culture à la condensation.

En pratique, on démarre avec un écart prudent, puis on l'élargit après quelques semaines d'observation de la culture. Une consigne de sécurité minimale reste toujours active, quelle que soit la moyenne.

Une consigne liée au rayonnement : exemple chiffré

Une plante qui reçoit beaucoup de lumière produit beaucoup de sucres et supporte une température plus élevée. À l'inverse, une journée sombre et chaude épuise la plante. La consigne liée au rayonnement ajuste donc la température moyenne du jour à la somme de lumière reçue.

L'essai Het Nieuwe Telen Tomaat 2010 de Wageningen UR Glastuinbouw a utilisé la relation suivante.

Consigne liée au rayonnement (essai tomate Wageningen 2010)
Température moyenne visée = 17,5 °C + 1,5 °C par tranche de 1 000 J/cm² de rayonnement global reçu dans la journée.
Rayonnement global du jour Température moyenne visée Situation type
500 J/cm² 18,25 °C Journée sombre d'hiver
1 000 J/cm² 19,0 °C Journée couverte
1 500 J/cm² 19,75 °C Journée claire de fin d'hiver
2 000 J/cm² 20,5 °C Journée claire de printemps
2 500 J/cm² 21,25 °C Journée claire de fin de printemps ou d'été

Avec cette stratégie, combinée à des écrans et à une aération pilotée, l'essai a produit 68 kg de tomates par m² avec 23 m³ de gaz naturel par m², soit environ 202 kWh par m². La consommation résulte de l'ensemble des mesures de l'essai, pas de la seule consigne. Les valeurs de la formule valent pour une tomate en grappe en conditions néerlandaises : elles se recalent pour chaque culture.

La mesure du rayonnement est la clé de cette stratégie. Un pyranomètre mal placé ou encrassé fausse la consigne de toute la journée, ce qui justifie le soin apporté à l'instrumentation de la serre.

Le DIF et la chute de température matinale

Le DIF est la différence entre la température moyenne du jour et celle de la nuit. Un DIF positif, avec des journées plus chaudes que les nuits, allonge les tiges. Un DIF négatif donne des plantes plus courtes et plus compactes. Les horticulteurs l'utilisent pour limiter les régulateurs de croissance.

Le DIF n'est pas un levier d'économie. Un DIF négatif demande des nuits plus chaudes que les jours, ce qui augmente souvent le chauffage. Il entre aussi en conflit avec l'intégration de température, qui produit naturellement un DIF positif au printemps. Les études citées plus haut indiquent que l'effet du DIF n'est fiable que dans une plage d'environ 18 à 24 °C.

La chute de température matinale est une variante plus économe. On abaisse la température pendant les deux premières heures du jour, moment où l'élongation est la plus sensible. L'effet sur la hauteur est proche, avec un surcoût d'énergie limité.

Piloter l'humidité sur le déficit de pression de vapeur

Une consigne d'humidité relative fixe, par exemple 85 %, fait aérer et chauffer dès qu'elle est dépassée. Or, à température élevée, une humidité relative de 88 % peut rester sans risque pour la culture. Piloter sur le déficit de pression de vapeur tient compte de la température et évite ces interventions inutiles.

Les essais néerlandais du programme Het Nieuwe Telen l'ont confirmé à leurs dépens : une stratégie de déshumidification qui maintenait l'humidité trop basse a coûté de l'énergie. Le juste niveau se situe là où la culture transpire régulièrement, sans eau libre sur les feuilles. Les valeurs cibles et le tableau de calcul figurent sur la page déficit de pression de vapeur en serre.

La tolérance a une limite : le botrytis. Les fins de nuit fraîches et humides restent le moment critique. Une stratégie sur le DPV s'accompagne donc d'un réchauffage progressif avant le lever du jour et d'un léger mouvement d'air, détaillés sur la page déshumidification de serre.

Écrans, loi de chauffe et baisse de consigne nocturne

La gestion de l'écran thermique est souvent la stratégie la plus rentable de la nuit. L'ordinateur le ferme selon la température extérieure et le rayonnement, puis l'entrouvre de quelques pourcents pour évacuer l'humidité sans perdre la chaleur. La loi de chauffe, de son côté, abaisse la température de l'eau par temps doux.

La baisse de consigne nocturne est la plus simple des économies. Son effet est proportionnel à l'écart entre l'intérieur et l'extérieur : un degré de moins pèse davantage par une nuit froide. Elle ralentit en revanche la croissance et peut décaler la production. On la réserve aux périodes où l'énergie est chère et où le calendrier de récolte le permet.

Combiner les stratégies sans conflit

Les stratégies se combinent selon un ordre de priorité. La sécurité sanitaire passe en premier : pas de condensation sur la culture, pas de gel. Viennent ensuite les objectifs de croissance, comme la hauteur, puis les économies d'énergie. Un ordinateur bien paramétré applique cet ordre automatiquement.

  • Intégration de température et DPV : compatibles, à condition que la température de la culture reste au-dessus du point de rosée de l'air pendant les nuits les plus fraîches.
  • Intégration de température et DIF : en conflit au printemps ; on choisit selon la culture, ou on remplace le DIF par une chute matinale.
  • Consigne liée au rayonnement et écrans : complémentaires, l'écran d'ombrage limitant les excès des journées très claires.

Stratégies de régulation et pompe à chaleur

Avec une pompe à chaleur, les stratégies changent de rôle. L'intégration de température et la consigne liée au rayonnement lissent la demande : moins de pointes le matin, des besoins mieux répartis sur la nuit. La PAC travaille alors plus longtemps à charge stable, avec l'aide du ballon de stockage.

Une eau de chauffage plus tiède améliore aussi le rendement de la PAC. La loi de chauffe et la gestion de l'écran deviennent donc des réglages de premier plan. Le détail de cette intégration figure sur la page pilotage et régulation d'une PAC de serre.

Questions fréquentes sur les stratégies de régulation

Qu'est-ce que l'intégration de température en serre ?

C'est une stratégie de régulation qui vise une température moyenne sur 24 heures au lieu d'une consigne fixe. La serre garde la chaleur gratuite du soleil le jour et accepte une nuit un peu plus fraîche. Des essais Agroscope sur roses ont mesuré 9,8 % d'économie annuelle sans perte de rendement.

Qu'est-ce que le DIF en serre ?

Le DIF est la différence entre la température moyenne du jour et celle de la nuit. Un DIF négatif, avec une nuit plus chaude que le jour, donne des plantes plus courtes. C'est un levier de croissance utilisé en horticulture ornementale, pas un levier d'économie d'énergie.

Faut-il réguler l'humidité sur l'humidité relative ou sur le DPV ?

Le déficit de pression de vapeur décrit mieux la transpiration des plantes que l'humidité relative seule. Piloter sur le DPV permet de tolérer une humidité relative plus élevée quand la température est haute, et d'éviter des ouvertures et du chauffage inutiles.

Ces stratégies fonctionnent-elles avec une pompe à chaleur ?

Oui, et elles s'y prêtent bien. L'intégration de température et la consigne liée au rayonnement lissent la demande de chaleur, ce qui permet à la PAC de travailler plus longtemps à charge stable, avec l'aide du ballon de stockage.

Choisir les stratégies adaptées à votre serre

Les meilleures stratégies de régulation climatique dépendent de la culture, de l'équipement et du prix de l'énergie. Praxis Énergie Serres teste vos réglages un par un : intégration de température, pente liée au rayonnement, pilotage du DPV. Nous vérifions qu'ils ne se contrarient pas et chiffrons leur gain sur une saison, dans le cadre d'un audit énergétique de serre.

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